Il y a au fond de vous de multiples petites étincelles de potentialités; elles ne demandent qu'un souffle pour s'enflammer en de magnifiques réussites. Wilford Peterson
 Il y a au fond de vous de multiples petites étincelles de potentialités; elles ne demandent qu'un souffle pour s'enflammer en de magnifiques réussites.                                                      Wilford Peterson

Le  geste  d'écrire  et  la  dysgraphie ...

La graphomotricité est la psychomotricité appliquée à l’acte d'écriture. L’acte graphomoteur est le prolongement de la motricité fine. L'écriture est une praxie fine, (geste complexe exécuté sur commande volontaire ), mais il ne s'agit pas que de la main, on écrit avec son corps.

 

L’écriture est une coordination et le résultat de la combinaison d'un ensemble de mouvements :

  • - translation du coude,

  • - rotation du poignet,

  • - rotation et flexion-extension des doigts.

 

Ces mouvements sont liés à des éléments moteurs, spatio-temporels, visuo-spacios, toniques, et kinesthésiques.

 

Chez le jeune enfant, ce sont des gribouillages qui vont évoluer pour prendre des formes identifiables. De simples traces motrices, le graphisme devient la trace d’une représentation intellectuelle, symbolique et imaginaire et prend le sens de communication.

 

Les conditions nécessaires à l’apprentissage de l’écriture :

- Sur le plan intellectuel, l’enfant doit être au stade du symbolisme, c’est à dire dissocier la représentation de l’objet (ou de l’action). L’enfant commence par réaliser des idéogrammes, des simulacres d’écriture, copier des signes sans mettre du sens derrière ; puis, il fait la liaison entre les sons et les lettres (dictée) et entre le concept idée et le graphème (écriture spontanée).

_______

 

L’apprentissage de l’écriture nécessite des capacités dans les domaines suivants :

 

- L'attention et la mémoire.

 

- Un bon développement de la structuration spatio-temporelle participe à l'apprentissage de l'écriture :

 

La structuration spaciale concerne :

- l’organisation de "l'espace feuille" (écrire de gauche à droite et de haut en bas, ce qui n'est pas intuitif pour les enfants gauchers),

- l’orientation des lettres ( "lettres miroirs" normales en maternelle, voir début CP ),

- la réalisation de la lettre dans l'espace de l'interligne,

- la formation de la lettre selon le sens conventionnel,

- l'espace entre les mots,

- les hauteurs de lettres relatives ( b-m par exemple la hauteur de la lettre "b" soit être supérieure à la hauteur de la lettre "m" qui est une lettre tronc). 

- La structuration temporelle avec la notion de succession des lettres, d’ordre chronologique et de rythme.

 

- Sur le plan moteur :

une maturité suffisante du système moteur (au niveau neurologique) est nécessaire pour une stabilisation tonique et posturale. Cette maturité va de pair avec la "régulation tonique", mise en jeu dans le contrôle de la force, de la pression et de la coordination des mouvements de progression (translation du bras de gauche à droite) et des mouvements d’inscription (mouvement des doigts et de la main). Le développement neurologique proximo-distal va permettre un contrôle progressif des doigts. Cela aura une répercussion sur la capacité à dissocier les mouvements des deux mains et les différents segments d’un même bras.

 

- La latéralité :

va permettre à l’enfant d’être plus habile d’une main. La latéralisation est liée à la maturité. Ce processus n'est achevé que vers 6 ans

 

- Les coordinations occulo-manuelles :

jouent un rôle important dans l’écriture : l’œil suit la main puis la guide et enfin la contrôle car la main automatise progressivement le mouvement grâce à la mémoire kinesthésique.

 

- Postures confort et conscience du corps :

spontanément le corps se déforme ce qui entraîne des douleurs. La posture n’est pas réfléchie et elle le devrait. Le graphothérapeute est attentif à la position de l’enfant et à la tenue du crayon. C'est particulièrement important pour les gauchers qui souvent ne prennent pas spontanément la bonne position, ni la bonne "pince".

Le thérapeute est également attentif à la place du corps par rapport à la chaise, de la chaise par rapport au bureau, à l'importance des appuis. La position du bras qui écrit et de la main non scriptrice. C’est la feuille qui doit s’adapter au corps.

Un travail autour de la dimension tonique est envisagé,en apprenant à l'enfant à faire la différence entre léger/fort et lent/rapide. Le rééducateur est attentif à la pression exercée sur le crayon et la feuille.

 

Les troubles graphiques peuvent être associés à :

 

  • Dyspraxie, dysgraphie,

  • Maladresse,

  • Difficulté de coordination œil-main ( oculo-manuelle ) ou digitale,

  • Difficulté de dissociation des deux mains ou entre la main et le bras,

  • Difficulté de régulation tonique (hypotonie, crampe de l’écrivain, tremblement, trait appuyé …),

  • Mauvaise tenue du crayon,

  • Posture / installation,

  • Trouble visuel : Bilan ophtalmologique ou orthoptique,

  • Troubles spaciaux,

  • Inhibition/instabilité psychomotrice,

  • Difficulté de concentration,

  • Difficulté de comportement, refus scolaire,

  • Sensibilité au regard de l’autre,

  • Manque de motivation-opposition.

 

Par ailleurs, un bon environnement affectif au niveau du contexte familiale (soutenant et favorisant l’apprentissage) et scolaire (bonne intégration de l'enfant à l’école) est indispensable. L'enfant doit accepter les règles extra-parentales et les suivre : rester assis, être dans un certain espace, copier les lettres comme cela lui est demandé. Le désir d’apprendre sera moteur de son apprentissage.

 

En résumé, pour écrire, l'enfant a besoin au préalable d'accorder son vouloir-faire (désir), son pouvoir-faire (équipement moteur) et son savoir-faire (apprentissage).

 

Un bilan graphomoteur déterminera s'il y a dysgraphie ou non.

 

PAGE FACEBOOK
Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© sarazin corinne